vendredi 17 décembre 2010

Chicoutimi en moustache.

Le mois de novembre n'existe presque plus au Canada, il est remplacé par le mois de Movember. Un mois durant lequel les hommes se laissent pousser la moustache pour montrer leur soutient à la lutte contre le cancer de la prostate et sensibiliser leurs proches.
Dans le processus d'intégration qui m'anime, j'ai décidé de me joindre à Movember - et parce que c'est rigolo d'avoir une moustache étant donné que c'est LE accessoire à la mode. Mon cousin et moi même avons donc eu du poil sur la lèvre supérieure la dernière semaine de novembre.
C'était aussi la semaine où nous sommes allé dans la région du Saguenay- Lac Saint Laurent.

La région du Saguenay-LSL se trouve à 6h de route au nord de Montréal - autant dire que c'est dans le grand nord du Québec. En plus d'avoir un nom pittoresque, Chicoutimi et sa région était l'endroit où on pouvait voir beaucoup de neige - mais ça, c'était à l'époque où il y avait pas deux mètres de neige à Montréal.

Sur la route, les chasses-neige n'étaient pas encore passés, mais la neige sur l'autoroute ne fait pas peur aux québécois : à 100km/h, nous étions les plus lents, et de loin.

Notre périple commence par La Baie, un arrondissement de Chicoutimi. Si j'ai bien compris, ils ont rassemblé trois villes, Chicoutimi, La Baie et Jonquière pour n'en faire qu'une de trois arrondissements (éloignés chacun de 20 minutes).
Première surprise sur la route : il fait nuit, et il n'est même pas quatre heure. Quelle bonne blague. Nous arrivons donc dans une nuit d'encre à l'auberge, perdue dans la forêt enneigée.
Magnifique auberge, avec petit déjeuner sublime au oeufs à la florentine histoire de se plomber l'estomac pour affronter le froid. Le soir, nous partons faire un tour dans La Baie. C'est une petite ville où finalement il y a pas grand chose à faire le soir (enfin... à partir de 4h). Nous goutons la tourtière au caribou (plat typique à base de pommes de terre et de viande) et buvons un verre.




L'auberge est juste trop bien : au bord de la rivière, dans la forêt avec un beau feu de bois pour se chauffer. Un vrai cocon d'où on a du mal à s'extirper pour faire notre première randonnée jusqu'au barrage.


Bien sûr c'est magique : la neige sur les arbre, la cascade gelée, se perdre dans la forêt...

Le pont de la mort



















 Après cette ballade, on retourne dans la ville de La Baie pour voir la Baie des Ha! Ha!
On pensais que le nom avait une origine locale qui devait forcément être cocasse. En fin de compte, non : c'est le nom d'une entreprise de papier qui a donné son nom à la baie.
Trop triste.
Mais le panorama est juste hallucinant.
Démonstration :




C'est magique. Le problème, c'est la marche en elle même : Juliette et le cousin ont de bonnes chaussures, mais moi avec mes baskets lisses, j'ai passé la moitié de la randonnée à quatre pattes.
Le soir (16h), on se dirige vers Jonquière pour passer notre deuxième nuit. Sur la route, on s'arrête à Chicoutimi. Hé bien à part le nom, il n'y a pas grand chose de fun dans cette ville.
On visite un église vide, et on se trace.

À Jonquière, l'auberge de jeunesse vend bien moins du rêve que la précédente à La Baie. Le propriétaire est tout mou du genou, mais ça va...
Du coup, on va boire un coup entre gars, laissant Juliette à son travail. Super bar soit dit en passant, avec que de la bière faite sur place.

Le lendemain, on fonce à Alma aux abords du lac pour chausser de magnifiques raquettes et partir àa la rencontre de la nature.


En fin d'après midi, on vit l'un des plus beaux moments du voyage : un coucher de soleil sur le lac saint laurent gelé. Avant ça, on tombe dans le lac (pas de panique, on a de l'eau que jusqu'aux chevilles - mais qu'est ce que c'est froid!)

Lieu du drame.
On fait des anges dans la neige, on prend 15 000 photos du même soleil... Le soir, on repart dans le bar pour se remettre de ces émotions.














On en a des tonnes dans ce genre.




On a bien aimé ma foi.
C'est l'avant dernier jour, et nous ne savons pas encore à quel point le lendemain va être éprouvant.

On se lève aux aurores pour se diriger vers le nord de la région (on est au nord du nord donc).
À l'origine, nous devions faire du chien de traineau, mais notre organisation désastreuse nous en empêche (on a pas réservé en fait). Pour remplacer, on fait de la motoneige!!
Dans un complexe énorme tenu par un français, on loue deux motoneiges - dont une "gratuite" parce qu'on est les premiers touristes.

La motoneige, c'est énorme : la vitesse entre les arbres, le stress de tomber... J'ai tenu bien 15 minutes avant de laisser le volant à Juliette - qui conduira les 5 heures suivantes. Du coup je me suis bien amusé à l'arrière du guide qui fait des sauts, des accélérations à 90km/h...




La montée est ardue et souvent, les deux petits sont coincés, mais la vue en haut de la montagne est imprenable.

Nous avons faillit mourir plusieurs fois sur ce sentier de un mètre de large avec le gouffre à notre gauche - finalement, on s'en est tous sorti!












Le retour en voiture est exténuant, surtout quand Juliette fait du 120 dans le brouillard ("Oops, le virage! Hihi je l'ai presque raté celui là...").

On arrive entier à Montréal et on se dit : "Encore un beau voyage." À mon avis, la moustache n'y est pas étrangère.

mardi 7 décembre 2010

Les joies des inconvénients du bus.

Notre plan était parfait. Mon cousin et moi même, 3 jours dans l'Ontario pour visiter Niagara Falls, Toronto et Ottawa.

Au départ, nous avions prévu de louer une voiture mais notre colocataire souligna le fait qu'une voiture dans les grandes villes de Toronto et Ottawa n'était pas la plus judicieuse des idées, et qu'il valait mieux partir en bus.
Nous écoutâmes son conseil. Bien mal nous en pris. Je pèse mes mots.

Donc, le plan de départ était de toute beauté : partir de Montréal samedi soir pour arriver à Toronto dimanche matin à 6 heures et repartir une heure plus tard pour Niagara. Visite de la ville, des chutes, blablabla, repartir à Toronto dans l'après midi, re-visite. Le lendemain, direction Ottawa, match de hockey, visite, et le jour d'après retour à Montréal.
Réglé comme du papier à musique.

Sauf que non.
Évidemment.

En arrivant à la gare de bus de Montréal, nous prenons le bus. Bon, ce n'est pas le même que j'avais vu sur le net, avec une compagnie différente. Jusque là, nous ne nous doutions de rien.
Nous passons la "nuit" dans le bus pour arriver à... 2h30 du matin à Toronto.

2h30 du matin à Toronto, pour vous planter le décor, c'est : la gare de bus fermée, un froid immonde, une ville vidée (normal, c'est le milieu de la nuit) et nulle part où aller. Je nous voyais déjà errant jusqu'à l'aube dans la ville avec deux heures de sommeil sur les yeux à attendre que la gare de bus ouvre ses portes.
J'avais froid.

Heureusement, les burger king sont ouverts 24h/24! Youpi. Donc nous avons attendu avec un café, en compagnie des clochards et des fêtards, pendant 3 looooongues heures.











Quand finalement nous étions au chaud dans le bus, notre état de fraicheur frôlait celui du pot de fève dans notre frigo (ie pas glorieux).

À Niagara, nous avons vu l'envers du décor : la vraie ville. Niagara sans les paillettes, où les gens vivent à l'année, à une heure de marche de la cité touristique.

Ça vend moins du rêve hein!

Là encore, il était trop tôt pour que quoi que ce soit autre que le Tim Hortons soit ouvert. Un café gigantesque plus tard, nous voilà partis pour les chutes. Et là, je dois bien avouer que c'était magique.
Bien qu'il n'était pas possible de prendre un bateau (fermé pour l'hiver), le temps était magnifique et on en a pris plein les yeux.

Tout devient magique avec un arc-en-ciel.
Il faisait certes très très froid, et puis on était tout raplapla, mais on en a quand même profité : la salle de jeu déserte, la tour en haut de laquelle nous discernions Buffalo aux States, les chutes vues d'en haut, la pluie de bruine dans la rue qui les borde...













Après ça nous nous sommes décidés à repartir vers Toronto. Une heure de marche plus tard, nous devons attendre le bus pendant une heure trente. Joie.
Bon, de toute façon je devais travailler - ce ne fut pas le moment le plus efficace de ma vie cependant. Une bonne heure et demi de plus dans le bus, et il faisait nuit à Toronto pour notre arrivée. Encore une trentaine de minutes pour arriver jusqu'à l'auberge dont je ne garde aucun souvenir.

Sur les conseils de la réceptionniste de l'auberge, nous sommes partis pour le "vieux" Toronto. Je le mets entre guillemets parce que cette partie de la ville n'a de vieux que le nom. Grande déception pour les touristes que nous sommes.
J'ai entendu que Toronto était une meilleure ville que Montréal. C'est peut être vrai lorsqu'on y vit, mais il n'y a vraiment pas grand chose à visiter en réalité. Les abords de la CN tower - sans y monter -, quelques rues noires et délabrées... Nous nous sommes empressés de plonger dans un bar où un match de football américain était retransmis et avons noyé notre désillusion dans la bière et les tacos.

Une vraie nuit merveilleuse à dormir plus tard, nous embarquions pour Ottawa. Là bas, re-belote : une bonne heure de marche dans la ville (mais qui déjà promettait de plus belles rues que Toronto, sans commune mesure) et là... l'auberge... Géniale.

C'est une ancienne prison réhabilitée en auberge de jeunesse. Ils ont tout gardé dans la limite du possible : les portes sont en barreaux de cellules, le potentiel de glauquitude des couloirs est exploité au maximum, les chambres sont minuscules.






Tout est d'époque
















Et déjà, la malchance qui nous suivait depuis le début du voyage nous rattrapait. À peine que nos sacs étaient posés sur le lit de notre cellule que je me rendais compte que je n'avais pas imprimé les bons billets pour le hockey.
Oops.
En plus de ça, il fallait trouver le bon bus pour aller au match, manger et acheter des piles pour l'appareil photo. Et le temps manquait.
Je vous raconte pas l'état de stress où je me trouvais.

Heureusement que l'on a grave géré (pour changer). A l'heure dite, nous étions dans la place!


On y voyait très bien (malgré ce que semble indiquer la photo)
Un match d'anthologie. Les Senators de Ottawa ont gagné toutes les bagarres, même s'ils semblaient plus faibles dans le jeu, ils ont menés au score de bout en bout. 
À trois secondes de la fin, 3-2 pour les Sens (ouais, quand on connait l'équipe, on peut utiliser son surnom). Et là : but des Kings de Los Angeles. À trois secondes de la fin, ça ne s'invente pas. But qui sera finalement refusé par l'arbitre.
J'ai cru me retrouver en 1996, en France. La folie.





Le lendemain, nous avions la mâtinée pour visiter Ottawa. Il faut garder à l'esprit que Ottawa est la capitale du Canada, donc il y a pleins de bâtiments forts anciens et beaux qui abritent les administrations. 

Harry Potter est Ontarien.
Le retour se fit sans embûche - juste à temps pour mon travail de groupe. 

Alors pour résumer les erreurs à ne pas commettre lorsque l'on part en bus : bien se renseigner si le bus ne semble pas être celui vu sur internet ; mémoriser les horaires de bus dans les petites villes ; demander s'il y a des bus si vous voulez vous épargner des longues heures de marche sous prétexte que (et je cite) "ça à l'air proche sur la carte".

Prochainement, les comptes rendus des road trip à Québec, et Chicoutimi!


samedi 4 décembre 2010

Analyse critique et rétrospective de notre session

"Bonsoir.... camarades, capitalistes, plus ou moins verts!"


Voici comment nous accueille notre professeur de Comptabilité Environnementale tous les mercredis soir, 18h00. Et ce depuis début septembre.

Voilà donc comment je choisi de vous saluer aujourd'hui.



Nous sommes rendus à deux semaine avant la fin de cette merveilleuse session et sommes tout chamboulés par tant de savoirs qui s'accumulent dans nos têtes.

Rétrospection :
Avant d'entamer cette session nous pensions que la matière la plus intéressante serait celle de la gestion des ressources humaines et relations de travail, puis la comptabilité environnementale, et pour finir le contrôle de gestion.
Et oui, l'aspect management de la GRH nous semblait être la partie la plus palpitante de nos 4 mois d'études étant donné que le cours contrôle de gestion nous avez déjà été donné l'année passé (pas très funky de revoir encore et encore les fondements et théoriques et soporifiques d'une telle matière nous disions-nous à l'époque), et que la comptabilité nous apparaissait comme une zone d'ombre, floue. Alors qu'au contraire, notre professeur de communication de l'année passée à l'IAE de Pau nous avait "donné le goût" (expression typiquement québécoise) du management et des relations de travail régissant le monde de l'entreprise.

Et bien figurez vous que nous avions tout FAUX.

Sur toute la ligne.

(Étonnant, je sais)



Analyse critique :
Les faits sont là :
- le contrôle de gestion est la matière qui nous a le plus passionné, contre toute attente. Notre professeure n'y est pas pour rien, c'est vrai.
- la comptabilité environnementale nous a apporté beaucoup d'intérêt pour tout ce qui a trait au monde qui nous entoure : questions écologiques au travers des dimensions économiques, éthiques, politiques, gouvernementales...
- et enfin je peux avancer sans trop me risquer que la matière "GRH et les relations du travail" a moins répondu à nos attentes tant à Clément qu'à moi. Attention, elle a été quand même très enrichissante, je ne dis pas le contraire!


Ce qui était intéressant c'était que ces trois matières se complétaient.
La comptabilité environnementale nous a permis d'avoir une approche globale, internationale des fonctionnements économiques, politiques et écologiques de ce monde.
Le contrôle de gestion à permis d'acquérir une connaissance de niveau macro du monde de l'entreprise.
La GRH et relations du travail nous ont apporté la vision "micro" : les enjeux internes, l'aspect humain de l'entreprise.

Une fois tout ce packaging emmagasiné, nous voilà tout choses.

A tel point que nous voilà embarqués pour de nouveaux projets de vies, de nouvelles perspectives d'avenir, de nouvelles ambitions professionnelles : le doctorat.

AaaaaaaAHHhhhhhh.




Les preuves sont à l'appuie : un sujet de thèse trotte de ma tête pendant qu'un autre trotte dans la tête de Clément.


Nous ne vous en diront pas plus pour le moment. Sinon la part de mystère en prendrait pour son grade.



Ainsi, je vous quitte,
"Camarades, capitalistes, plus ou moins vert".

lundi 22 novembre 2010

Le caribou enfin dévoilé

Le caribou, cette bête fabuleuse qui symbolise à elle seule toutes les folles attentes que les français nourrissent à l'égard du Canada, s'est enfin dévoilé sous nos yeux ébahis. Altruiste, je vous en fais le récit.

Mon fabuleux cousin préféré venait tout juste d'arriver sur les terres du grand nord que nous prîmes la route avec Juliette pour découvrir le vrai Canada - celui enfoui sous les clichés, celui flamboyant qui transcende les cartes postales et les légendes fantastiques. Notre périple (de un jour) nous amena jusqu'à Montebello, charmante bourgade à 1h45 de Montréal (nous avons mis le double)(je me suis trompé de route) où se trouve le parc Oméga.

Le parc Oméga c'est l'émerveillement renouvelé à chaque minute, ou 10 kilomètres en voiture au milieu d'animaux en semi liberté avec des aires de promenade aménagés. On ne devait pas ouvrir les fenêtre plus que la moitié, et surtout surtout ne pas descendre de la voiture - sauf dans les aires aménagées bien sûr. Déjà, ça met en condition pour la suite.

"C'est très banal tout ça", pensez vous.

Mais se promener avec en guise de compagnon de route Bambi et sa mère miraculée, est ce vraiment banal? Non.
Bon, ils sont pas très sauvages hein. Le cousin en a touché un, et Juliette s'en est fait un ami.

Elle est vivante!














Classe, hein!

Mais en plus de ces charmantes biches, faons et cerfs ados - qui ne nous intéressaient plus après 10 minutes - d'autres bestioles sont venues à nous : Sangliers et marcassins ; cerfs de virginie et élaphes...







Troooop mignon!

Les sangliers se sont carrément mouchés sur notre belle voiture blanche - mais les marcassins sont tellement mignons, j'ai craqué pour eux.


Vous en voulez plus? D'accord. Mais là, on arrive aux animaux "exotiques" : la vache hippie ; le bison ; le loup d'Alaska ; le coyote...
La vache m'a un peu dégoutée - elle aussi elle s'est mouchée, mais avec sa langue.
C'est la crise d'adolescence, je pense...

Bisons





Oui, ceux là étaient derrière un grillage. Faut pas déconner non plus!















Quoi? Encore? Vous l'aurez voulu, je sors l'artillerie lourde : le wapiti ; l'ours noir.... Et.... le Caribou! Sonnez haut-bois, résonnez trompette car majestueux dans la lumière il apparaît.



Ouais, c'est basiquement un genre de cerf mais les bois sont un peu différents...Et puis là c'est un jeune donc c'est pas hyper frappant - déçus, hein?

On a même eu le privilège d'assister à un combat de wapitis. On voulait savoir qui allait gagner mais ça semblait vouloir s'éterniser donc on a pas attendu. Par contre, entendre le choc des bois à quelques dizaines de mètres, on a beau dire, c'est impressionnant.















On a aussi vu une bataille de loups gris - à croire que c'est la saison pour se battre pour une femelle.


Pas grand chose à dire sur l'ours. Il était tout seul et tout triste. En plus il savait pas danser. (On est vite blasés)

























En guise de conclusion, des bouquetins des alpes et des canards.

J'ai pas trouvé la photo des canards.

J'ai pas trouvé les bouquetins non plus. Un caribou pour compenser!
Nota : Si vous cliquez sur les photos, elles s'affichent en grand et vous pourrez ainsi jouir pleinement de nos clichés!

dimanche 14 novembre 2010

Halloween





Halloween ici, c'est pas comme en France.
Ne l'oublions pas, nous sommes en Amérique du Nord!




Déjà, pour accueillir les morts comme il se doit Monsieur Le Dieu du temps nous a fait l'honneur de sa première neige...








Ensuite, afin de rattraper notre retard en Halloween, nous avons décidé avec Clément de fêter les morts trois soirs d'affilés :
- soir 1 : soirée avec la maitrise GRH au Saint-Sulpice (http://www.lesaintsulpice.ca/). Thème de la soirée : Mauvais goût.
- soir 2 : soirée chez un ami, nous étions une quinzaine dans son appartement. Thème : fuck the world.
- soir 3 : soirée théâtre avec projection du film "Rocky Horror Picture Show" (http://www.rockyhorrormontreal.com/fr/index.php) et animations sous forme de comédie musicale et bien sûr interaction avec le public.

Pour notre première soirée, tout excités que nous étions, nous avons procédé à un brainstorming afin de trouver un déguisement de Mauvais Goût.
Et devinez quoi? Nous avons trouvé Le Déguisement adéquat.


Clément en prêtre lubrique avec raie sur le côté et GROS épis avec gel en abondance histoire que le tout tienne avec grâce, petites lunettes sur le bout du nez, regard qui en dit long, front luisant (effet efficace grâce à de l'huile d'olive badigeonnée avec générosité), préservatif déroulé accroché sur les fesses.... bref la totale.

Moi en petite écolière innocente. Vous me direz, où donc est le Mauvais goût là dedans. Et bien, le fait est que mon costume était indissociable de celui de Clément, et ce dans le sens propre et le sens figuré du terme, puisqu'il y avait un léger détail (mais pas des moindre) dans notre "costume duo" : nous étions liés par une laisse accrochée élégamment à mon cou.
Fin de la description.
Je laisse place à votre imagination.



Autant vous dire que nous avons fait sensation.
Oh que oui.
Les gens ont apprécié.
A tel point que sommes sortis les trois soirs avec Ledit déguisement :



Pour la première soirée, donc, avec la maîtrise GRH, nous avons été un peu déçus de voir si peu de mauvais goût dans les costumes. Mis à part un avorteur avec un crochez plein de sang et aux méthodes pas très catholiques (c'est le cas de le dire), une fille déguisée en Arabe (le mauvais goût résidait dans le fait qu'elle avait une mitraillette et de fait laissée entendre Arabe=Terroriste), une femme enceinte (le mauvais goût étant bien sur d'avoir choisi un tel déguisement pour répondre au thème), voilà.
Ah oui, il y avait aussi le grand schtroumpf... et là on bloquait avec Clém' parce qu'on cernait pas trop le mauvais goût (c'est mignon un schtroumpf, non?)... mais en fait c'était un nain de jardin (AAAaaaaaah d'aaaaccccccooooooorrrd), le mauvais goût était donc effectivement bel est bien présent.
Du coup, pour le concours du déguisement le plus réussi on était pas mal confiants avec Clémouille....
Mais non. La gagnante, à notre grand étonnement, était une nana qui s'était déguisée en mec.
Messieurs les garçons, je vous laisse libre d'interpréter le message à votre guise.
Deuxième déception de la soirée : les GRH, ben sont pas trop fun quoi! A une heure du matin ils étaient tous déjà rentrés. Pas cool, hein? Ben du coup avec Clem' on s'est pas laissés abattre : on a fini la soirée entre pauvres français délaissés que nous étions, MAIS sommes rentrés plus tard.


La deuxième soirée était plus tranquille puisque à l'intérieur... on a certes fini à 3h du mat sans même s'en rendre compte, mais peu dansés malheureusement. C'était chez Jean-Matt si vous voulez tout savoir... et la neige tombait à flot!


Pour la denière soirée... on était in the place to be! i-e au théâtre pour voir le Rocky Horror Picture Show version épique! Non, en fait c'est plutôt version trash.
Donc.
Projection du film avec ré-interprétation en direct sur la scène par des comédiens décomplexés et sans tabous, aucun.
Voix off tout au long du film pour ajouter quelques commentaires piquants, le tout sur un ton laconique et blasé.
Interaction avec un public enchainé qui connait le texte, les chansons et le spectacle sur le bout des doigts :
1 - jets de riz à gogo pendant la scène de mariage.
2 - jets d'eaux pendant la scène de pluie
3 - jets de PQ pendant la scène où rocky fait son apparition
4 - jets de pain de mie pendant la scène où on lève un toast
Bien bien bien.
Autant vous dire qu'on était une peu chamboulés, joyeux comme des vierges que nous n'étions plus, emplis de joie en somme.
Et que notre costume sois-disant "sensationnel" deux soirées plus tôt ne l'était plus du tout. Presque chaste comparé aux culottes et portes jaretelles exhibées de ci de là.



mardi 2 novembre 2010

La Nouvelle Angleterre - glauque et magnifique

Les road-trip, c'est quand même génial. Partir sur les routes de longues heures durant, devant un paysage qui ne cesse de m'étonner, de m'émerveiller et de me faire frémir. Le voyage en Nouvelle-Angleterre en est un excellent exemple.

Ca ressemble à Mont Tremblant, mais non.
La Nouvelle Angleterre, c'est ici : à côté du Canada et au nord-est des USA, ça regroupe des États aussi connus que le Maine,le Vermont ou le New-Hampshire. J'avais toujours rêvé d'y aller - d'une part parce que c'est dans le Maine que se passe la majorité des romans de Stephen King, d'autre part parce que quand les New Yorkais veulent se ressourcer, ils vont dans le Vermont (donc ça doit forcément valoir le coup).


Accompagné de mon acolyte Pedro, nous avons loué une voiture, et en avant l'aventure! Il faisait frais, mais le soleil donnait aux paysages une aura lumineuse de fin d'après midi alors que la matinée venait de commencer. La douane fut une formalité vite expédiée et nous arrivâmes au bout de 4heures de route dans la forêt des White Mountains - au cœur des Appalaches.
Certes, il y avait encore un grand soleil, mais nous étions étrangement frigorifiés. Sans doute la proximité de la neige à mi-montagne aidait.

Nous avons néanmoins entamé une "randonnée" (je mets des guillemets parce que les chemins de randonnée sont goudronnés) d'une grosse heure et demi. Un petit ruisseau, une forêt sombre aux arbres nus, un ciel glacé - ça c'est pour que vous ayez un visuel vu qu'il y a pas beaucoup de photos.







 La suite du programme prévoyait d'aller voir le lac Winnipesaukee - en majeure partie parce que le nom est hyper cool - mais nous avons à juste titre pensé que trouver un motel dans le coin risquait d'être compliqué. Oui, parce que pour la première fois, j'ai pris sur moi pour partir sans réserver d'auberge de jeunesse. Rassurez vous, c'était un risque calculé : aux States, il y a des motels pas chers partout. Pas cher et miteux.

Et là, deux surprises :
1) La nuit tombe à 18h. Et quand je dis "nuit", c'est une nuit noire comme dans un four. Au milieu de la forêt gigantesque, mais aussi sur les routes normales, pas un réverbère, pas une lumière, rien. La lune, mais c'est tout.
Motel pas cher et miteux
2) Ce qui semble être tout proche - en l'occurrence Portland - se trouve à 2h30 de route. Je pensais que c'était l'équivalent Pau-Oloron. En fait, non.

Or donc nous voilà à Portland, Maine, dans ce qui semble être le milieu de la nuit (mais en fait il n'est même pas 21h), à chercher un motel. Que nous trouvons.




Le lendemain - Portland! Après un petit déjeuner typique USA - avec oeufs, bacon, café à volonté (à volonté)... Ca lui avait manqué, à Pedro (qui est américain ) , ces petits déjeuner hyper nourrissants. En plus c'était son 21ème anniversaire, donc c'était un peu la fête, hein.


Flippante la baraque...


Ville la plus peuplée du Maine, située en partie sur une péninsule que nous avons visité en marchant pendant 2h30, Portland est petit et mignon. Exactement la ville du Maine comme je me l'étais imaginée. En plus nous avons visité une maison ancienne, hantée si vous voulez mon avis (même si la guide n'a pas voulu l'avouer). Rose Red, mais en vrai.
Vieux Port
Un tour dans un pub et sur le vieux port plus tard, il est déjà temps de partir pour voir Cap Elizabeth avant la nuit (il était 16h).











Située à côté de Portland, Cap Elizabeth se résume à un phare et 10 maisons. Je trouve ça honteux de donner le nom de ville à un amas de maisons aussi petit, mais bon, ce sont les States, ils font ce qu'ils veulent.

Le phare était très digne devant la mer - et surtout très fermé. Nous avons fait une ballade sur la colline qui surplombe la mer et les rochers. Le crachin qui s'était abattu pendant la journée redoubla et nous dûmes vite partir à la voiture.


Cap Elizabeth - Bourg.

















Bon. Allez, on part à notre dernière destination pour trouver un motel. Bar Harbor nous voici! 4 heures plus tard, il fait trop faim. Wendy , l'ogre capitaliste déguisé en Fifi Brindacier nous accueille donc. "Quality is our recipe" sonne faux pour un slogan de fast food, mais c'est vrai que c'est bon, ce Baconator...
Bref, nous nous arrêtons pour trouver un motel à... Bangor. Qui est à 1h30 de Bar Harbor.

Le GPS a fait la même erreur que nous : trouvant que Bangor et Bar Harbor ont l'air assez proche, hop! Il se dit qu'on va pas commencer à râler, l'ingrat.

On se tape la quasi totalité des motels avant d'en trouver un qui soit pas trop cher. Finalement, on se pose dans la chambre et nous décidons de sortir dans Bangor pour boire un coup. Pedro avait l'âge légal pour boire - autant en profiter!
Par contre, les pubs ferment à 23h. Joies du Maine.

Le lendemain, nous partons donc pour Bar Harbor, qui est une presqu'île qui abrite le Parc National d'Acadia. Et là, surprise! On peut voir des baleines! Mais que jusqu'au 15 octobre. Nous étions le 23. Hum...
C'est beau hein!
Qu'à cela ne tienne, nous visitons le parc "à l'américaine", c'est à dire en voiture. Mais c'est pas comme si on avait le choix en fait. Nous nous arrêtons sur la seule plage de sable de l'île, puis sur la côté de rocher pour trouver des étoiles de mer (on avait vu un film avant où ils en trouvaient) (moi aussi, je veux trouver une étoile de mer). Bien sûr, ce fut un échec.

Nous avons fait le tour d'un lac.
Extrait :
"-Tiens, et si on faisait le tour du lac?
-Ouais, je prends le pique nique?
-Oui, prends les Reese's, on sait jamais."

A deux heures, nous n'étions toujours pas arrivés à faire le tour de ce sale vicieux de lac qui s'étendait à mesure que l'on marche. Le lac était exemplaire de sobriété et de quiétude. Le brouillard tombait peu à peu sur les cimes et conférait à la forêt un aspect fantomatique. J'adore. Cette ambiance spectrale et irréelle, comme si nous étions irrémédiablement coupés du monde.
Forêt accueillante

Or donc, pique nique.
 Ce qui me permet de faire une parenthèse sur un aspect important de ces quatre mois à Montréal. Je suis amoureux. Oui, je suis amoureux et je veux le dire au monde entier. L'élu de mon coeur et de ma langue s'appelle Reese's, n'est que beurre de cacahouète enveloppé d'une chaleureuse couche de chocolat au lait. Son emballage orange ne demande qu'à être déchiré et vidé. Je vous jure, je suis complètement obnubilé par ces Reese's. Je sais pas comment je vais survivre une fois rentré. C'est trop bon - et présente l'indéniable avantage de fournir 230 calories en seulement 4 bouchées (souvent 2 bouchées me suffisent). Gain de temps, donc.
Imaginez que je n'ai gouté que le normal - il me reste encore le chocolat blanc,noir, caramel, nougat...! Il me tarde...


Je m'éparpille. Nous avons en fin de compte retrouvé la voiture, sains et saufs. Il nous restait juste assez de temps pour atteindre le sommet le plus haut et jouir d'une vue sans égal.
Sauf que.
Visibilité : 10 mètres


Vous rappelez vous de ce brouillard qui nappait la forêt de son aura mystérieuse? Nous nous sommes retrouvés en plein dedans. La vue n'était pas super du coup.








La dernière chose que nous avons fait avant le drame fut d'aller dans le village de Bar Harbor proprement dit, pour se balader sur le port et gouter à la fameuse soupe aux clams. Délicieuse.

 

Il était 18h, et avec Pedro nous pensions partir pour être à Montréal vers 23h. On est fatigué donc 23h c'est parfait - et puis je dois rendre la voiture le lendemain matin avant 9h, donc je veux pas me coucher trop tard.

Et là...
Drame.
Le GPS indique que nous ne rentrerons pas avant 2h du matin. Argh.
Comme il nous a déjà menti en nous emmenant dans une autre ville, je me dis qu'il se trompe. Et j'avais vu juste! Nous ne sommes pas arrivés à 2h du matin, non.
Mais à 4h. 10 heures de voiture d'une traite.
La faute à la pluie continue et au brouillard persistant. On est passé par Mexico et Bethléhem, au passage. Véridique.

A part un renard et une biche on a pas vu d'animaux. Pourtant, dans le Vermont, il y a des panneaux "Attention aux élans" tous les deux kilomètres.
Et sinon, moi je comprend pourquoi il y a autant de film d'horreur aux USA : les routes sont glauquissimes, tout à fait le genre d'endroit où je me vois bien me faire tuer par un fou consanguin. Pas de lumière, les rares villes n'ont qu'une route et une station essence fermée...
J'adore!

Voilà! Le lendemain matin, je me suis levé pour rendre la voiture, et me suis recouché juste après.
Trois jours intenses, géniaux, et surprenants pour 1300 km de route. Ca vaut le coup.

[Bonus : Moi dans le Maine. Ici à Portland et avec un bâton sur la plage de Bar Harbor. Si vous n'êtes pas mes parents, ça va pas vous intéresser, j'annonce.]