vendredi 17 décembre 2010

Chicoutimi en moustache.

Le mois de novembre n'existe presque plus au Canada, il est remplacé par le mois de Movember. Un mois durant lequel les hommes se laissent pousser la moustache pour montrer leur soutient à la lutte contre le cancer de la prostate et sensibiliser leurs proches.
Dans le processus d'intégration qui m'anime, j'ai décidé de me joindre à Movember - et parce que c'est rigolo d'avoir une moustache étant donné que c'est LE accessoire à la mode. Mon cousin et moi même avons donc eu du poil sur la lèvre supérieure la dernière semaine de novembre.
C'était aussi la semaine où nous sommes allé dans la région du Saguenay- Lac Saint Laurent.

La région du Saguenay-LSL se trouve à 6h de route au nord de Montréal - autant dire que c'est dans le grand nord du Québec. En plus d'avoir un nom pittoresque, Chicoutimi et sa région était l'endroit où on pouvait voir beaucoup de neige - mais ça, c'était à l'époque où il y avait pas deux mètres de neige à Montréal.

Sur la route, les chasses-neige n'étaient pas encore passés, mais la neige sur l'autoroute ne fait pas peur aux québécois : à 100km/h, nous étions les plus lents, et de loin.

Notre périple commence par La Baie, un arrondissement de Chicoutimi. Si j'ai bien compris, ils ont rassemblé trois villes, Chicoutimi, La Baie et Jonquière pour n'en faire qu'une de trois arrondissements (éloignés chacun de 20 minutes).
Première surprise sur la route : il fait nuit, et il n'est même pas quatre heure. Quelle bonne blague. Nous arrivons donc dans une nuit d'encre à l'auberge, perdue dans la forêt enneigée.
Magnifique auberge, avec petit déjeuner sublime au oeufs à la florentine histoire de se plomber l'estomac pour affronter le froid. Le soir, nous partons faire un tour dans La Baie. C'est une petite ville où finalement il y a pas grand chose à faire le soir (enfin... à partir de 4h). Nous goutons la tourtière au caribou (plat typique à base de pommes de terre et de viande) et buvons un verre.




L'auberge est juste trop bien : au bord de la rivière, dans la forêt avec un beau feu de bois pour se chauffer. Un vrai cocon d'où on a du mal à s'extirper pour faire notre première randonnée jusqu'au barrage.


Bien sûr c'est magique : la neige sur les arbre, la cascade gelée, se perdre dans la forêt...

Le pont de la mort



















 Après cette ballade, on retourne dans la ville de La Baie pour voir la Baie des Ha! Ha!
On pensais que le nom avait une origine locale qui devait forcément être cocasse. En fin de compte, non : c'est le nom d'une entreprise de papier qui a donné son nom à la baie.
Trop triste.
Mais le panorama est juste hallucinant.
Démonstration :




C'est magique. Le problème, c'est la marche en elle même : Juliette et le cousin ont de bonnes chaussures, mais moi avec mes baskets lisses, j'ai passé la moitié de la randonnée à quatre pattes.
Le soir (16h), on se dirige vers Jonquière pour passer notre deuxième nuit. Sur la route, on s'arrête à Chicoutimi. Hé bien à part le nom, il n'y a pas grand chose de fun dans cette ville.
On visite un église vide, et on se trace.

À Jonquière, l'auberge de jeunesse vend bien moins du rêve que la précédente à La Baie. Le propriétaire est tout mou du genou, mais ça va...
Du coup, on va boire un coup entre gars, laissant Juliette à son travail. Super bar soit dit en passant, avec que de la bière faite sur place.

Le lendemain, on fonce à Alma aux abords du lac pour chausser de magnifiques raquettes et partir àa la rencontre de la nature.


En fin d'après midi, on vit l'un des plus beaux moments du voyage : un coucher de soleil sur le lac saint laurent gelé. Avant ça, on tombe dans le lac (pas de panique, on a de l'eau que jusqu'aux chevilles - mais qu'est ce que c'est froid!)

Lieu du drame.
On fait des anges dans la neige, on prend 15 000 photos du même soleil... Le soir, on repart dans le bar pour se remettre de ces émotions.














On en a des tonnes dans ce genre.




On a bien aimé ma foi.
C'est l'avant dernier jour, et nous ne savons pas encore à quel point le lendemain va être éprouvant.

On se lève aux aurores pour se diriger vers le nord de la région (on est au nord du nord donc).
À l'origine, nous devions faire du chien de traineau, mais notre organisation désastreuse nous en empêche (on a pas réservé en fait). Pour remplacer, on fait de la motoneige!!
Dans un complexe énorme tenu par un français, on loue deux motoneiges - dont une "gratuite" parce qu'on est les premiers touristes.

La motoneige, c'est énorme : la vitesse entre les arbres, le stress de tomber... J'ai tenu bien 15 minutes avant de laisser le volant à Juliette - qui conduira les 5 heures suivantes. Du coup je me suis bien amusé à l'arrière du guide qui fait des sauts, des accélérations à 90km/h...




La montée est ardue et souvent, les deux petits sont coincés, mais la vue en haut de la montagne est imprenable.

Nous avons faillit mourir plusieurs fois sur ce sentier de un mètre de large avec le gouffre à notre gauche - finalement, on s'en est tous sorti!












Le retour en voiture est exténuant, surtout quand Juliette fait du 120 dans le brouillard ("Oops, le virage! Hihi je l'ai presque raté celui là...").

On arrive entier à Montréal et on se dit : "Encore un beau voyage." À mon avis, la moustache n'y est pas étrangère.

mardi 7 décembre 2010

Les joies des inconvénients du bus.

Notre plan était parfait. Mon cousin et moi même, 3 jours dans l'Ontario pour visiter Niagara Falls, Toronto et Ottawa.

Au départ, nous avions prévu de louer une voiture mais notre colocataire souligna le fait qu'une voiture dans les grandes villes de Toronto et Ottawa n'était pas la plus judicieuse des idées, et qu'il valait mieux partir en bus.
Nous écoutâmes son conseil. Bien mal nous en pris. Je pèse mes mots.

Donc, le plan de départ était de toute beauté : partir de Montréal samedi soir pour arriver à Toronto dimanche matin à 6 heures et repartir une heure plus tard pour Niagara. Visite de la ville, des chutes, blablabla, repartir à Toronto dans l'après midi, re-visite. Le lendemain, direction Ottawa, match de hockey, visite, et le jour d'après retour à Montréal.
Réglé comme du papier à musique.

Sauf que non.
Évidemment.

En arrivant à la gare de bus de Montréal, nous prenons le bus. Bon, ce n'est pas le même que j'avais vu sur le net, avec une compagnie différente. Jusque là, nous ne nous doutions de rien.
Nous passons la "nuit" dans le bus pour arriver à... 2h30 du matin à Toronto.

2h30 du matin à Toronto, pour vous planter le décor, c'est : la gare de bus fermée, un froid immonde, une ville vidée (normal, c'est le milieu de la nuit) et nulle part où aller. Je nous voyais déjà errant jusqu'à l'aube dans la ville avec deux heures de sommeil sur les yeux à attendre que la gare de bus ouvre ses portes.
J'avais froid.

Heureusement, les burger king sont ouverts 24h/24! Youpi. Donc nous avons attendu avec un café, en compagnie des clochards et des fêtards, pendant 3 looooongues heures.











Quand finalement nous étions au chaud dans le bus, notre état de fraicheur frôlait celui du pot de fève dans notre frigo (ie pas glorieux).

À Niagara, nous avons vu l'envers du décor : la vraie ville. Niagara sans les paillettes, où les gens vivent à l'année, à une heure de marche de la cité touristique.

Ça vend moins du rêve hein!

Là encore, il était trop tôt pour que quoi que ce soit autre que le Tim Hortons soit ouvert. Un café gigantesque plus tard, nous voilà partis pour les chutes. Et là, je dois bien avouer que c'était magique.
Bien qu'il n'était pas possible de prendre un bateau (fermé pour l'hiver), le temps était magnifique et on en a pris plein les yeux.

Tout devient magique avec un arc-en-ciel.
Il faisait certes très très froid, et puis on était tout raplapla, mais on en a quand même profité : la salle de jeu déserte, la tour en haut de laquelle nous discernions Buffalo aux States, les chutes vues d'en haut, la pluie de bruine dans la rue qui les borde...













Après ça nous nous sommes décidés à repartir vers Toronto. Une heure de marche plus tard, nous devons attendre le bus pendant une heure trente. Joie.
Bon, de toute façon je devais travailler - ce ne fut pas le moment le plus efficace de ma vie cependant. Une bonne heure et demi de plus dans le bus, et il faisait nuit à Toronto pour notre arrivée. Encore une trentaine de minutes pour arriver jusqu'à l'auberge dont je ne garde aucun souvenir.

Sur les conseils de la réceptionniste de l'auberge, nous sommes partis pour le "vieux" Toronto. Je le mets entre guillemets parce que cette partie de la ville n'a de vieux que le nom. Grande déception pour les touristes que nous sommes.
J'ai entendu que Toronto était une meilleure ville que Montréal. C'est peut être vrai lorsqu'on y vit, mais il n'y a vraiment pas grand chose à visiter en réalité. Les abords de la CN tower - sans y monter -, quelques rues noires et délabrées... Nous nous sommes empressés de plonger dans un bar où un match de football américain était retransmis et avons noyé notre désillusion dans la bière et les tacos.

Une vraie nuit merveilleuse à dormir plus tard, nous embarquions pour Ottawa. Là bas, re-belote : une bonne heure de marche dans la ville (mais qui déjà promettait de plus belles rues que Toronto, sans commune mesure) et là... l'auberge... Géniale.

C'est une ancienne prison réhabilitée en auberge de jeunesse. Ils ont tout gardé dans la limite du possible : les portes sont en barreaux de cellules, le potentiel de glauquitude des couloirs est exploité au maximum, les chambres sont minuscules.






Tout est d'époque
















Et déjà, la malchance qui nous suivait depuis le début du voyage nous rattrapait. À peine que nos sacs étaient posés sur le lit de notre cellule que je me rendais compte que je n'avais pas imprimé les bons billets pour le hockey.
Oops.
En plus de ça, il fallait trouver le bon bus pour aller au match, manger et acheter des piles pour l'appareil photo. Et le temps manquait.
Je vous raconte pas l'état de stress où je me trouvais.

Heureusement que l'on a grave géré (pour changer). A l'heure dite, nous étions dans la place!


On y voyait très bien (malgré ce que semble indiquer la photo)
Un match d'anthologie. Les Senators de Ottawa ont gagné toutes les bagarres, même s'ils semblaient plus faibles dans le jeu, ils ont menés au score de bout en bout. 
À trois secondes de la fin, 3-2 pour les Sens (ouais, quand on connait l'équipe, on peut utiliser son surnom). Et là : but des Kings de Los Angeles. À trois secondes de la fin, ça ne s'invente pas. But qui sera finalement refusé par l'arbitre.
J'ai cru me retrouver en 1996, en France. La folie.





Le lendemain, nous avions la mâtinée pour visiter Ottawa. Il faut garder à l'esprit que Ottawa est la capitale du Canada, donc il y a pleins de bâtiments forts anciens et beaux qui abritent les administrations. 

Harry Potter est Ontarien.
Le retour se fit sans embûche - juste à temps pour mon travail de groupe. 

Alors pour résumer les erreurs à ne pas commettre lorsque l'on part en bus : bien se renseigner si le bus ne semble pas être celui vu sur internet ; mémoriser les horaires de bus dans les petites villes ; demander s'il y a des bus si vous voulez vous épargner des longues heures de marche sous prétexte que (et je cite) "ça à l'air proche sur la carte".

Prochainement, les comptes rendus des road trip à Québec, et Chicoutimi!


samedi 4 décembre 2010

Analyse critique et rétrospective de notre session

"Bonsoir.... camarades, capitalistes, plus ou moins verts!"


Voici comment nous accueille notre professeur de Comptabilité Environnementale tous les mercredis soir, 18h00. Et ce depuis début septembre.

Voilà donc comment je choisi de vous saluer aujourd'hui.



Nous sommes rendus à deux semaine avant la fin de cette merveilleuse session et sommes tout chamboulés par tant de savoirs qui s'accumulent dans nos têtes.

Rétrospection :
Avant d'entamer cette session nous pensions que la matière la plus intéressante serait celle de la gestion des ressources humaines et relations de travail, puis la comptabilité environnementale, et pour finir le contrôle de gestion.
Et oui, l'aspect management de la GRH nous semblait être la partie la plus palpitante de nos 4 mois d'études étant donné que le cours contrôle de gestion nous avez déjà été donné l'année passé (pas très funky de revoir encore et encore les fondements et théoriques et soporifiques d'une telle matière nous disions-nous à l'époque), et que la comptabilité nous apparaissait comme une zone d'ombre, floue. Alors qu'au contraire, notre professeur de communication de l'année passée à l'IAE de Pau nous avait "donné le goût" (expression typiquement québécoise) du management et des relations de travail régissant le monde de l'entreprise.

Et bien figurez vous que nous avions tout FAUX.

Sur toute la ligne.

(Étonnant, je sais)



Analyse critique :
Les faits sont là :
- le contrôle de gestion est la matière qui nous a le plus passionné, contre toute attente. Notre professeure n'y est pas pour rien, c'est vrai.
- la comptabilité environnementale nous a apporté beaucoup d'intérêt pour tout ce qui a trait au monde qui nous entoure : questions écologiques au travers des dimensions économiques, éthiques, politiques, gouvernementales...
- et enfin je peux avancer sans trop me risquer que la matière "GRH et les relations du travail" a moins répondu à nos attentes tant à Clément qu'à moi. Attention, elle a été quand même très enrichissante, je ne dis pas le contraire!


Ce qui était intéressant c'était que ces trois matières se complétaient.
La comptabilité environnementale nous a permis d'avoir une approche globale, internationale des fonctionnements économiques, politiques et écologiques de ce monde.
Le contrôle de gestion à permis d'acquérir une connaissance de niveau macro du monde de l'entreprise.
La GRH et relations du travail nous ont apporté la vision "micro" : les enjeux internes, l'aspect humain de l'entreprise.

Une fois tout ce packaging emmagasiné, nous voilà tout choses.

A tel point que nous voilà embarqués pour de nouveaux projets de vies, de nouvelles perspectives d'avenir, de nouvelles ambitions professionnelles : le doctorat.

AaaaaaaAHHhhhhhh.




Les preuves sont à l'appuie : un sujet de thèse trotte de ma tête pendant qu'un autre trotte dans la tête de Clément.


Nous ne vous en diront pas plus pour le moment. Sinon la part de mystère en prendrait pour son grade.



Ainsi, je vous quitte,
"Camarades, capitalistes, plus ou moins vert".