Dans le processus d'intégration qui m'anime, j'ai décidé de me joindre à Movember - et parce que c'est rigolo d'avoir une moustache étant donné que c'est LE accessoire à la mode. Mon cousin et moi même avons donc eu du poil sur la lèvre supérieure la dernière semaine de novembre.
C'était aussi la semaine où nous sommes allé dans la région du Saguenay- Lac Saint Laurent.
La région du Saguenay-LSL se trouve à 6h de route au nord de Montréal - autant dire que c'est dans le grand nord du Québec. En plus d'avoir un nom pittoresque, Chicoutimi et sa région était l'endroit où on pouvait voir beaucoup de neige - mais ça, c'était à l'époque où il y avait pas deux mètres de neige à Montréal.
Sur la route, les chasses-neige n'étaient pas encore passés, mais la neige sur l'autoroute ne fait pas peur aux québécois : à 100km/h, nous étions les plus lents, et de loin.
Notre périple commence par La Baie, un arrondissement de Chicoutimi. Si j'ai bien compris, ils ont rassemblé trois villes, Chicoutimi, La Baie et Jonquière pour n'en faire qu'une de trois arrondissements (éloignés chacun de 20 minutes).
Première surprise sur la route : il fait nuit, et il n'est même pas quatre heure. Quelle bonne blague. Nous arrivons donc dans une nuit d'encre à l'auberge, perdue dans la forêt enneigée.
Magnifique auberge, avec petit déjeuner sublime au oeufs à la florentine histoire de se plomber l'estomac pour affronter le froid. Le soir, nous partons faire un tour dans La Baie. C'est une petite ville où finalement il y a pas grand chose à faire le soir (enfin... à partir de 4h). Nous goutons la tourtière au caribou (plat typique à base de pommes de terre et de viande) et buvons un verre.
L'auberge est juste trop bien : au bord de la rivière, dans la forêt avec un beau feu de bois pour se chauffer. Un vrai cocon d'où on a du mal à s'extirper pour faire notre première randonnée jusqu'au barrage.
Bien sûr c'est magique : la neige sur les arbre, la cascade gelée, se perdre dans la forêt...
| Le pont de la mort |
Après cette ballade, on retourne dans la ville de La Baie pour voir la Baie des Ha! Ha!
On pensais que le nom avait une origine locale qui devait forcément être cocasse. En fin de compte, non : c'est le nom d'une entreprise de papier qui a donné son nom à la baie.
Trop triste.
Mais le panorama est juste hallucinant.
Démonstration :
C'est magique. Le problème, c'est la marche en elle même : Juliette et le cousin ont de bonnes chaussures, mais moi avec mes baskets lisses, j'ai passé la moitié de la randonnée à quatre pattes.
Le soir (16h), on se dirige vers Jonquière pour passer notre deuxième nuit. Sur la route, on s'arrête à Chicoutimi. Hé bien à part le nom, il n'y a pas grand chose de fun dans cette ville.
On visite un église vide, et on se trace.
À Jonquière, l'auberge de jeunesse vend bien moins du rêve que la précédente à La Baie. Le propriétaire est tout mou du genou, mais ça va...
Du coup, on va boire un coup entre gars, laissant Juliette à son travail. Super bar soit dit en passant, avec que de la bière faite sur place.
Le lendemain, on fonce à Alma aux abords du lac pour chausser de magnifiques raquettes et partir àa la rencontre de la nature.
En fin d'après midi, on vit l'un des plus beaux moments du voyage : un coucher de soleil sur le lac saint laurent gelé. Avant ça, on tombe dans le lac (pas de panique, on a de l'eau que jusqu'aux chevilles - mais qu'est ce que c'est froid!)
| Lieu du drame. |
| On en a des tonnes dans ce genre. |
On a bien aimé ma foi.
C'est l'avant dernier jour, et nous ne savons pas encore à quel point le lendemain va être éprouvant.
On se lève aux aurores pour se diriger vers le nord de la région (on est au nord du nord donc).
À l'origine, nous devions faire du chien de traineau, mais notre organisation désastreuse nous en empêche (on a pas réservé en fait). Pour remplacer, on fait de la motoneige!!
Dans un complexe énorme tenu par un français, on loue deux motoneiges - dont une "gratuite" parce qu'on est les premiers touristes.
La motoneige, c'est énorme : la vitesse entre les arbres, le stress de tomber... J'ai tenu bien 15 minutes avant de laisser le volant à Juliette - qui conduira les 5 heures suivantes. Du coup je me suis bien amusé à l'arrière du guide qui fait des sauts, des accélérations à 90km/h...
La montée est ardue et souvent, les deux petits sont coincés, mais la vue en haut de la montagne est imprenable.
Le retour en voiture est exténuant, surtout quand Juliette fait du 120 dans le brouillard ("Oops, le virage! Hihi je l'ai presque raté celui là...").
On arrive entier à Montréal et on se dit : "Encore un beau voyage." À mon avis, la moustache n'y est pas étrangère.